
GEOMORPHOSE
C’est en 2007, à l’occasion d’une exposition de la Maison Pelgrims sur le thème de l’eau qu’Ariane Bosquet a réalisé sa première série d’œuvres dédiée au phénomène de la «Désertification » dans le monde. L’œuvre consistait en un groupe de 26 panneaux de 30 x 30 cm, évoquant des terres arides et desséchées où dominent en tons mats le sable orangé, l’ocre, le beige et les gris.
Aujourd’hui, à l’occasion de la série « Géomorphoses», et fidèle à son principe de durabilité, l’artiste a « mis à jour » en quelque sorte ces panneaux de 2007. Elle leur donne une nouvelle vie. A l’aide d’un lien, Ariane a littéralement attaché à chaque panneau un artefact typique tiré des séries ayant suivi « Désertification ». Parcelles de tôles et grillages oxydés, grattés ou scarifiés au papier de verre; empreintes végétales fossilisées imbibées de jus divers; patchworks de fibres locales comme des feuilles de palmiers ou cuirs enrichis de pigments; extraits, peints ou dessinés, renvoyant à des vestiges de constructions ou grottes baignant dans le silence et nimbés de halos de lumière; bois flottés dégagent un caractère basique-brut « mariés » aux panneaux de 2007, comme un lent processus organique de décomposition.
Vingt ans après, la désertification nous parle clairement dans l’urgence. Plus que jamais : l’or bleu s’inscrit à l’origine de la vie et est symbole de purification. Non, l’eau n’est pas qu’une « ressource » !
Michel Van Lierde, avril 2026
